Interview

Véronique Flammang, fondatrice de Co-oking

Interview de Véronique Flammang, fondatrice de la cuisine partagée, Co-oking

Co-oking propose une cuisine partagée pour les cuisiniers en tous genres, des amateurs reconvertis aux professionnels confirmés. Début septembre, elle proposera un pack starter pour aider les jeunes entreprises à se lancer.

Si vous aussi vous connaissez quelqu’un qui a perdu foi en son métier et a changé de vie, bingo, c’est la grande mode. Les reconversions sont de plus en plus nombreuses, concernant notamment les secteurs du marketing et de la finance. On troque davantage ses calculatrices et ordinateurs contre des fourneaux.

« Les gens veulent faire un métier qui fait sens pour eux, ils se sont fait presser comme des citrons et jeter comme des vieilles lavettes, du coup ils se font plaisir. Mais je pense que c’est aussi une conséquence de toutes les crises alimentaires qu’on entend. Face à la nourriture industrielle, ils veulent faire les choses eux-mêmes », explique Véronique Flammang, fondatrice de Co-oking.

C’est la raison pour laquelle elle a créé cette cuisine partagée. Le principe: vous achetez des crédits sur internet et vous réservez un espace de la cuisine quand vous voulez, pour la durée de votre choix. L’intérêt pour les jeunes entrepreneurs: pas de frais liés à l’installation d’une cuisine professionnelle – comptez minimum 50.000 euros.

Co-oking propose aussi des formations sur les normes d’hygiène, la food tech, le processus de fabrication et la photographie. Pascal, ex-cuisinier pour l’événementiel désormais traiteur à temps plein, a déjà suivi quelques-unes de ces formations. « J’ai fait l’école hôtelière mais c’était il y a longtemps, j’ai 47 ans. C’est bien de rafraîchir les bases, et puis le côté humain est très fort. On croise beaucoup de gens, certains qui viennent du même secteur que nous, d’autres qui se lancent. C’est très hétéroclite, on apprend des choses des autres et on se dit qu’on pourrait les refaire mais à notre sauce. »

Des cuistots comme Pascal, Co-oking en héberge de tous genres: des producteurs, des traiteurs pour des entreprises, des tournages, des mariages, des privés.

Si la cuisine partagée existe depuis deux ans et demi, elle va aujourd’hui réaliser son rêve de départ: conseiller les « jeunes » entrepreneurs pour les aider à se lancer dans le métier de la cuisine. Une ambition qui sied comme une manique à Véronique Flammang: elle travaille dans un service d’aide aux entreprises depuis des années. C’est d’ailleurs là-bas qu’elle en a eu l’idée.

« Beaucoup de gens me demandaient une cuisine à louer un jour par semaine. Je n’avais rien à leur donner car ça n’existait pas, j’étais frustrée », confie-t-elle. Lors d’une séance d’information, elle rencontre alors Cédric Le Goupil, chef cuisinier qui veut créer… une cuisine partagée. Les grands appétits se rencontrent. Elodie Bouscarat est ensuite venue s’ajouter à la recette: Co-oking était née.

Un guide pour débutants

À la rentrée, elle lancera donc un vrai pack starter pour le cuisinier-entrepreneur débutant. Au menu: 30 heures de cuisine, 5 de coaching individuel et 3 formations collectives, le tout réparti sur 3 mois. Mais avec des possibilités de créer sa recette personnalisée: certains pourront choisir à la carte des formations plus orientées dans la technique ou dans la communication, par exemple.

Co-oking espère ainsi multiplier les demandes mais est déjà fière du chemin parcouru. « Depuis qu’on s’est lancé, il y a tout de même 20 personnes qui ont pris des numéros d’entreprise. Et nous recevons des visites d’intéressés chaque semaine, deux en temps normal, cinq à dix en haute saison », précise Thomas, le quatrième employé de l’équipe.

Co-oking a réalisé 140.000 euros de chiffre d’affaires l’année dernière, plus du double des 60.000 de la première année. Elle veut désormais s’agrandir avec une mezzanine pour augmenter sa capacité. Une affaire qui gonfle comme du pain au levain.

Véronique Flammang

Les gens veulent faire un métier qui fait sens pour eux, ils se sont fait presser comme des citrons et jeter comme des vieilles lavettes, du coup ils se font plaisir.